Les frais d’agence sont-ils compris dans le prix de vente d’un bien immobilier ?
Les frais d’agence peuvent être intégrés au montant affiché dans l’annonce, mais leur présentation dépend de la personne qui doit les payer. Ils peuvent être mis à la charge du vendeur, de l’acquéreur ou être répartis entre les deux parties lorsque le mandat le prévoit.
Pour comprendre le coût réel d’une transaction, il faut distinguer trois notions : le prix net vendeur, les honoraires de l’intermédiaire et le montant total que l’acquéreur devra financer. Ces sommes peuvent apparaître différemment selon la rédaction du mandat et de l’annonce.
La réponse ne peut donc pas être déduite de la seule mention « prix de vente ». Il faut lire l’indication précisant si les honoraires sont à la charge du vendeur ou de l’acquéreur, puis vérifier que la même répartition figure dans les documents de la transaction.
À quoi correspondent les frais d’agence ?
Les frais d’agence rémunèrent le professionnel qui intervient dans la commercialisation du bien. Selon la mission confiée, son travail peut comprendre l’estimation, la préparation de l’annonce, les photographies, la diffusion, les visites, la transmission des offres et l’accompagnement administratif.
La rémunération est souvent calculée en pourcentage du prix du bien, mais elle peut aussi être forfaitaire. Le barème de l’agence doit présenter les prix maximaux de ses prestations, toutes taxes comprises, et indiquer pour chacune d’elles qui doit en supporter le paiement.
Les agences ne suivent donc pas toutes un tarif imposé et identique. Les prix sont librement déterminés dans le respect des règles de concurrence, mais le professionnel doit afficher un barème clair et ne peut pas dépasser le maximum annoncé. Une négociation reste possible avant la signature du mandat.
Connaître précisément qui doit payer les frais d’agence immobilière permet de comparer correctement le prix présenté dans l’annonce avec la somme qui reviendra au vendeur.
Le mandat détermine qui paie les honoraires
L’agence doit disposer d’un mandat écrit avant de négocier la vente. Ce document précise la mission confiée, la méthode de calcul de la rémunération et la partie qui devra la régler.
Le mandat peut prévoir que les honoraires sont entièrement à la charge du vendeur, entièrement à la charge de l’acquéreur ou partagés entre les deux. En cas de partage, les modalités de répartition doivent être inscrites dans le mandat et reprises dans l’engagement signé par les parties.
L’agence ne peut pas réclamer sa rémunération à une personne différente de celle indiquée dans ces documents. Une mention ajoutée oralement ou découverte tardivement ne doit pas remplacer les dispositions écrites du mandat et de l’avant-contrat.
Le vendeur doit donc lire ces conditions avant de confier un bien à vendre. Il doit notamment vérifier le montant maximal des honoraires, leur mode de calcul et les conséquences d’une éventuelle négociation du prix.
Lorsque les frais sont à la charge du vendeur
Quand le mandat indique que les honoraires sont à la charge du vendeur, celui-ci règle la rémunération de l’agence sur le produit de la vente. La somme qu’il conserve correspond alors au prix de la transaction diminué de la commission.
Prenons un exemple purement illustratif. Si le prix annoncé est de 300 000 euros et que le vendeur doit verser 15 000 euros à l’agence, son produit net avant les autres frais éventuels sera de 285 000 euros.
Dans ce cas, l’annonce doit préciser que les honoraires sont à la charge du vendeur. La réglementation prévoit que la part des honoraires supportée par celui-ci ne soit pas ajoutée séparément au prix présenté à l’acquéreur. La mention « frais d’agence inclus » peut d’ailleurs être trompeuse lorsqu’elle laisse croire que l’acheteur supporte les honoraires alors que le mandat les met à la charge du vendeur.
Pour l’acquéreur, le prix affiché constitue donc le prix du bien hors frais d’acquisition. Il n’a pas à ajouter séparément la commission du vendeur, mais il doit toujours prévoir les sommes dues pour l’acte et les formalités d’acquisition.

Lorsque les frais sont à la charge de l’acquéreur
Lorsque l’acheteur doit payer les honoraires, l’annonce doit être plus détaillée. Elle doit présenter le prix honoraires inclus, le prix hors honoraires, le pourcentage TTC de la commission calculé sur le prix hors honoraires et la mention indiquant que cette rémunération est à la charge de l’acquéreur.
Avec un prix net vendeur de 285 000 euros et des honoraires de 15 000 euros à la charge de l’acquéreur, le prix honoraires inclus affiché sera de 300 000 euros. L’annonce devra permettre au candidat de distinguer les deux montants.
Cette présentation est importante pour l’acheteur, car elle lui permet de savoir quelle somme reviendra au vendeur et quelle somme rémunérera l’intermédiaire.
L’indication doit rester cohérente jusqu’à la signature. Le montant des honoraires et l’identité de la partie qui les supporte figurent parmi les informations relatives à la transaction qui doivent être reprises dans l’avant-contrat.
Les frais peuvent-ils être partagés ?
Le partage des honoraires est possible lorsque le mandat le prévoit clairement. Une partie de la commission peut alors être supportée par le vendeur et l’autre par l’acquéreur.
Les montants ou les modalités de calcul doivent être compréhensibles dès le départ. Le mandat et l’engagement des parties doivent reprendre cette répartition afin d’éviter qu’un coût supplémentaire apparaisse après l’offre d’achat.
Dans l’annonce, la part mise à la charge de l’acquéreur doit être intégrée au prix honoraires inclus et exprimée en pourcentage du prix hors honoraires. La part supportée par le vendeur ne doit pas être ajoutée au prix annoncé comme si elle était payée par l’acquéreur.
Le prix affiché correspond-il au prix net vendeur ?
Pas systématiquement. Lorsque les honoraires sont à la charge de l’acquéreur, le premier prix mis en évidence dans l’annonce comprend cette commission. Le prix net vendeur doit apparaître séparément comme prix hors honoraires.
Lorsque les honoraires sont à la charge du vendeur, l’annonce présente le prix de vente sans ajouter la commission comme un supplément dû par l’acheteur. Le montant effectivement conservé par le vendeur sera néanmoins inférieur, puisqu’il devra rémunérer l’agence conformément au mandat.
Le prix net vendeur correspond donc à la somme revenant au propriétaire avant la prise en compte d’autres coûts qui pourraient lui incomber. Il ne doit pas être confondu avec le prix principal affiché dans toutes les annonces.
À quel moment les honoraires deviennent-ils exigibles ?
Une agence ne peut pas normalement exiger le paiement de sa commission simplement parce qu’elle a publié une annonce, réalisé des visites ou obtenu une offre.
Pour une transaction immobilière, les honoraires deviennent exigibles une fois l’opération effectivement conclue et constatée par l’acte authentique. Le décret d’application de la loi Hoguet prévoit que le professionnel perçoit sa rémunération après la constatation de la vente par cet acte.
Lorsque l’engagement comporte une condition suspensive, par exemple l’obtention d’un crédit, l’opération ne peut pas être considérée comme effectivement conclue tant que cette condition n’est pas réalisée.
L’affirmation selon laquelle certaines agences pourraient librement réclamer la totalité de leur commission avant la réalisation de la vente est donc inexacte. Il faut toutefois lire les clauses d’exclusivité ou les clauses pénales, qui peuvent prévoir des conséquences lorsqu’une partie ne respecte pas ses engagements.
Les honoraires sont-ils négociables ?
Le barème affiché présente les prix maximaux pratiqués par l’agence. Depuis la modification des règles d’affichage entrée en vigueur en 2022, cette présentation permet au professionnel de moduler ses tarifs dans la limite du maximum annoncé.
Une négociation peut donc intervenir avant la signature du mandat. Elle peut tenir compte de la valeur du bien, de sa facilité de commercialisation, du niveau de service et du caractère exclusif ou non de la mission.
Une réduction d’honoraires ne doit pas être analysée isolément. Une agence moins chère peut proposer une diffusion limitée ou ne pas inclure certains services. À l’inverse, une commission élevée ne garantit ni une vente rapide ni un meilleur prix.
Le propriétaire doit comparer le montant demandé avec les prestations écrites dans le mandat. Les engagements importants formulés pendant le rendez-vous devraient être repris dans le contrat.
Comment vérifier le barème d’une agence ?
Le barème doit être visible dans les locaux qui reçoivent la clientèle. Lorsqu’une agence possède une vitrine, il doit également être visible depuis l’extérieur, dans un emplacement comparable à celui des annonces.
Sur internet, les tarifs doivent être facilement accessibles depuis le site de l’agence. Une annonce dématérialisée peut proposer un lien direct vers la page présentant le barème.
Le document doit indiquer les prix maximums TTC, le mode de calcul et la partie qui paie. Lorsque plusieurs tranches sont utilisées, l’agence doit préciser si elles sont cumulatives.
Ces vérifications doivent faire partie du choix de votre agence immobilière. Un tarif difficile à trouver ou impossible à comprendre constitue un mauvais signal avant même la signature du mandat.
Les frais d’agence sont différents des frais d’acquisition
Les honoraires de l’agence rémunèrent un service d’intermédiation. Les frais d’acquisition, couramment appelés « frais de notaire », correspondent à un autre ensemble de sommes.
Les frais d’acquisition comprennent principalement des impôts et taxes, les émoluments réglementés du notaire ainsi que des débours liés aux formalités. Ils s’ajoutent au prix d’achat et sont en principe réglés par l’acquéreur.
L’acheteur doit donc établir son budget en tenant compte du prix annoncé, des honoraires qui lui sont éventuellement imputés et des frais d’acquisition. D’autres dépenses peuvent également s’ajouter, comme les frais de financement, la garantie du crédit ou certains travaux.
Le notaire peut fournir une estimation adaptée au prix, à la nature du logement et à sa localisation. Il est préférable de demander ce calcul avant de signer une offre engageante.

Le vendeur doit calculer ce qu’il recevra réellement
Le prix annoncé ne correspond pas toujours à la somme disponible après la vente. Le vendeur doit déduire les honoraires mis à sa charge et, selon sa situation, le capital restant dû sur son crédit, certains frais de copropriété ou une éventuelle imposition sur la plus-value.
Avant d’accepter une offre, il est utile de demander un décompte prévisionnel présentant le prix, la commission et les autres sommes susceptibles d’être prélevées lors de la signature.
Un propriétaire qui souhaite disposer d’un montant net précis doit l’indiquer avant la commercialisation. L’agence pourra alors proposer un prix de mise en vente cohérent avec ce besoin et avec la valeur du marché.
L’acquéreur doit calculer son budget global
L’acheteur doit regarder au-delà du prix principal affiché. Il doit repérer la mention indiquant qui paie les honoraires et vérifier, lorsqu’ils sont à sa charge, le prix hors commission ainsi que le pourcentage appliqué.
Il faut ensuite ajouter les frais d’acquisition et les coûts liés au financement. Les travaux immédiats, les charges de copropriété et les dépenses de déménagement doivent également être anticipés.
Cette méthode évite de consacrer toute sa capacité financière au seul prix de la propriété. Une offre de crédit peut être insuffisante lorsque le budget ne prévoit ni les frais annexes ni les réparations nécessaires.
Que doit contenir l’annonce immobilière ?
Une annonce de vente doit présenter les caractéristiques principales du bien, son prix, sa localisation, sa surface et son état. Elle doit également fournir les informations réglementaires concernant les performances énergétiques et les risques auxquels le logement est exposé.
Pour les honoraires, elle doit toujours identifier la personne qui doit les payer. Si l’acquéreur les supporte, le prix honoraires inclus, le prix hors honoraires et le pourcentage TTC doivent être visibles. Si le vendeur les supporte, la commission ne doit pas être ajoutée comme un supplément payé par l’acheteur.
Une annonce incomplète ou incohérente peut d’abord être signalée à l’agence. En l’absence de correction, le consommateur peut utiliser les voies de réclamation ou de signalement indiquées par l’administration, notamment SignalConso.
Les points à contrôler dans le mandat
Avant de signer, le vendeur doit vérifier l’identité du professionnel, la durée du mandat, son caractère exclusif ou non et les moyens de commercialisation prévus.
Le montant des honoraires doit apparaître avec suffisamment de précision. Le document doit indiquer s’ils sont à la charge du vendeur, de l’acquéreur ou répartis entre les deux.
Il faut également examiner les conditions de résiliation, les clauses pénales et la situation dans laquelle le propriétaire trouve lui-même un acquéreur.
Un mandat exclusif peut interdire au vendeur de conclure directement pendant une certaine période ou prévoir une indemnité dans les conditions autorisées. Une clause importante ne doit pas être acceptée sans avoir compris ses effets.
Les points à contrôler dans l’offre et l’avant-contrat
L’offre d’achat doit présenter un prix suffisamment clair. Avant de l’accepter, le vendeur doit vérifier s’il s’agit d’un montant honoraires inclus ou d’un prix net vendeur auquel une commission doit encore être ajoutée.
L’avant-contrat doit ensuite reprendre le prix, les modalités de paiement, le montant des honoraires et la partie qui les supporte. Il doit également mentionner les conditions suspensives et la date envisagée pour la signature définitive.
Lorsqu’une information diverge entre l’annonce, le mandat et l’avant-contrat, elle doit être clarifiée avant toute signature. Une correction écrite est préférable à une explication uniquement orale.
Exemple de lecture d’une annonce avec honoraires acquéreur
Une annonce pourrait afficher un prix principal de 318 000 euros, comprenant 18 000 euros d’honoraires à la charge de l’acquéreur. Elle devrait aussi indiquer un prix hors honoraires de 300 000 euros ainsi que le pourcentage TTC calculé sur ces 300 000 euros.
L’acquéreur sait alors que 300 000 euros correspondent au prix du bien hors commission et que 18 000 euros rémunèrent l’agence. Il devra en plus prévoir les frais d’acquisition et les dépenses liées à son financement.
Le vendeur recevra normalement le prix net prévu, sous réserve des autres sommes qui doivent éventuellement être réglées ou prélevées au moment de la transaction.
Exemple de lecture d’une annonce avec honoraires vendeur
Une annonce affiche un logement à 318 000 euros avec la mention « honoraires à la charge du vendeur ». L’acheteur n’ajoute pas séparément une commission à ce prix.
Si le mandat prévoit 18 000 euros d’honoraires, le vendeur conservera 300 000 euros avant les autres dépenses pouvant lui incomber. La commission sera prélevée sur le montant de la transaction selon les modalités prévues.
L’annonce ne doit pas présenter artificiellement ces 18 000 euros comme des frais ajoutés au prix et supportés par l’acquéreur. Cette distinction garantit une information plus fidèle sur la personne juridiquement chargée du paiement.
Vérifier les frais dans le cadre d’un logement neuf
Dans le neuf, l’interlocuteur peut être un promoteur, un commercialisateur ou une agence mandatée. Le prix présenté doit toujours être lu avec les mêmes précautions : honoraires éventuels, équipements inclus, frais d’acquisition et coût du financement.
Les frais d’acquisition sont généralement moins élevés dans le neuf que dans l’ancien lorsque l’opération bénéficie du régime fiscal correspondant, mais leur montant exact dépend de la nature de la vente et du contrat.
La ressource Bien réussir son achat immobilier neuf en Île-de-France peut compléter la préparation du projet, notamment pour examiner le programme, le calendrier de livraison et les prestations annoncées.
Les dernières vérifications avant de s’engager
Le vendeur doit comparer le barème public de l’agence avec les honoraires inscrits dans le mandat. Il doit connaître le montant net qu’il recevra et les conséquences d’une réduction du prix pendant la négociation.
L’acquéreur doit repérer le prix honoraires inclus, le prix hors honoraires lorsque la commission lui incombe et le montant des frais d’acquisition à ajouter.
Les deux parties doivent enfin vérifier que le mandat, l’annonce, l’offre et l’avant-contrat présentent la même répartition. Le professionnel ne peut percevoir que la rémunération prévue par le mandat et due par la personne qui y est expressément désignée.
Lorsque le prix ou les honoraires restent ambigus, la signature doit être reportée jusqu’à l’obtention d’un décompte écrit. Cette précaution permet de savoir exactement ce que l’acquéreur paiera, ce que l’agence percevra et ce que le vendeur conservera.
